EDITORIAL : Quand la France tient au Niger…

EDITORIAL

 

Quand la France tient au Niger…

 

Déjà un an que Mohamed Bazoum est détenu à la résidence du président à Niamey suite au coup d’Etat qui l’a renversé le 26 juillet 2023. Face à la détermination et de la ténacité de la junte au pouvoir à Niamey, toutes les voix qui réclamaient la libération de l’ancien président du Niger se sont amenuisées jusqu’à s’éteindre. Même la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui brandissait sa force d’attente en vue d’une intervention militaire pour non seulement la libération de Bazoum mais également pour le rétablir dans ses fonctions, s’est totalement effacée. Le sort de l’ancien président détenu par la junte militaire au Niger ne préoccupe plus l’Union Africaine qui visiblement a d’autres chats à fouetter. 

 

Mais au moment où tous semblent abandonner Mohamed Bazoum à son sort face au Général Abdourahamane Tiani, la France a toujours un œil sur la situation. Malgré les coups qu’elle reçoit avec la montée du sentiment anti-français en Afrique et surtout dans les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (Aes), la France tient au Niger. Elle est d’ailleurs la seule voix qui continue de réclamer la libération de Mohamed Bazoum. A quelques jours de la célébration du premier anniversaire de la chute du pouvoir de Bazoum au Niger, Christophe Lemoine, Porte-parole du ministère français des Affaires Etrangères a fait savoir que « cela fait un an qu’il est retenu prisonnier dans des conditions scandaleuses ». «  Nous avons toujours condamné et nous condamnons encore fermement cette détention », a insisté le Porte-parole au cours d’un point de presse rapporté par Le Figaro.  

 

Ainsi, la France continue de démontrer son amitié à Bazoum quand bien même aucun de ses intérêts au Niger n’est plus garanti. Cette posture de Paris est un élément qui pourrait renforcer les soupçons de la junte au pouvoir au Niger qui craint d’être déstabilisée par la France éventuellement en connivence avec le Bénin. C’est ce qui justifie la fermeture des frontières du Niger contre le Bénin, selon les autorités de Niamey.

 

 Edouard ADODE

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